Catégorie : Lettre publique

LE NMQ APPELLE LES CITOYENS À CHOISIR LE PROJET DE PAYS AVANT LA PARTISANERIE

Nous, indépendantistes, sommes entrés dans cette campagne désunis.
Et nous approchons du moment fatidique en rangs dispersés.

Le Parti Québécois, Québec solidaire et Option nationale espèrent tous trois l’emporter le 4 septembre. Bien sûr, ces formations ont des personnalités politiques distinctes. Bien sûr, elles ont des programmes, des orientations stratégiques et des modes de fonctionnement qui diffèrent les uns des autres. Lutte électorale oblige, elles nous parlent de ce qui les distingue et non de ce qui les unit.

Bien sûr, ces trois partis politiques veulent nous conduire à l’indépendance. Ils veulent tous porter le magnifique projet d’un peuple animé par une ambition nationale légitime, qui est celle d’avoir un pays bien à soi. Mais leurs différences n’est pas notre différence. Leurs différences ne doivent pas l’emporter sur notre idée de pays. Ces différences et cette division ne doivent pas devenir des obstacles supplémentaires sur le chemin de notre indépendance.

Nous, indépendantistes de toutes allégeances, sommes maintenant devant un moment de vérité. Nous avons une responsabilité face à l’Histoire. Celle de faire progresser le Québec vers sa liberté. Le 4 septembre prochain, nous devons agir de manière responsable.

On aura beau faire tous les sparages que l’on veut, le 4 septembre, il n’y aura ni deuxième tour, ni proportionnelles, comme il n’y a pas eu de primaires entre partis indépendantistes. Il n’y aura pas de front uni non plus. On peut déplorer cela. On peut pleurer sur le fait que lorsque des indépendantistes étaient au pouvoir, ils n’ont pas tenté de remédier à ce problème. On peut être tenté de porter des blâmes, on peut déplorer la rigidité partisane avec laquelle ces formations se sont engagées dans les discussions à la suite de l’Appel au Front Uni (dont le NMQ a été l’un des initiateurs), pourtant signée par 12 000 personnes. On pourrait souhaiter qu’un seul parti indépendantiste n’existe. Ou croire que la seule coalition possible est dans le parti pour lequel on milite. Ou encore parler de voter « selon son coeur » par opposition au vote stratégique. Tout cela est vain.

Tel est l’état de division des forces indépendantistes et telles sont les règles du jeu électoral qui est le nôtre. Dans l’ordre constitutionnel canadien, la terre est plate. Notre mode de scrutin – un reliquat du parlementarisme britannique – pénalise tous ceux qui se divisent. Voilà la seule préoccupation qui doit nous occuper maintenant.

Notre division constitue aujourd’hui pour nous une faiblesse, un obstacle supplémentaire sur le chemin de l’indépendance. Celle-ci risque d’entraîner la réélection d’un gouvernement fédéraliste corrompu ou à porter au pouvoir une bande d’intendants et de concierges de province, pour qui le politique se réduit à “faire le ménage” et où le citoyen n’est qu’un consommateur de services.

Nous ne sommes pas appelés à voter sur de simples programmes politiques, des plateformes ou encore des discours. Dans le contexte politique que nous vivons depuis un an, nous sommes appelés à choisir une philosophie politique qui guidera tous nos pas. En somme, nous avons le choix entre le canadianisme des Libéraux, la souveraineté… et l’intendance de Legault. Le choix entre l’abdication, la prise en main de notre destin et la fuite en avant dans la seule conciergerie de l’État.

Il n’y a pas de projet social possible sans État véritable pour le réaliser. Prétendre le contraire, c’est susciter des espoirs qu’une province ne peut assouvir, c’est provoquer des insatisfactions perpétuelles, nous entraîner dans l’illusion, bloquer en somme nos perspectives. En 1995, les indépendantistes détenaient le pouvoir. Ils cognaient aux portes de la liberté. C’est de cette façon qu’on fait entrer dans le réel des idéaux, en travaillant à transformer nos idées en véritables politiques publiques.

Le moment n’est plus aux blâmes ni aux querelles. La population québécoise a soif de grands projets. Et nous avons un immense rêve à partager et une immense responsabilité qui vient avec. Le peuple veut un grand changement. Et le plus grand de tous les changements, c’est nous, citoyens, qui pouvons nous l’offrir. Voilà ce qui doit aujourd’hui guider notre action politique.

Notre préoccupation immédiate doit être de trouver le meilleur moyen pour nous de se rapprocher du projet de pays pour notre peuple. Rien d’autre. Or, pour la réalisation de ce projet,  cela prend des indépendantistes à l’Assemblée nationale. L’indépendance du Québec est un projet politique et c’est le pouvoir politique qui peut nous aider à le réaliser. Par-delà les frontières partisanes, par-delà les considérations circonstancielles de contenu, par-delà les erreurs de campagne et par-delà ce qu’entre adversaires on peut arriver à considérer comme imprécisions, impétuosités ou égarements, il y a un pouvoir à prendre et une indépendance à faire. Au risque de se répéter, notre devoir est de tout faire pour réussir le 4 septembre prochain.

L’indépendance du Québec ne se fera jamais sans un vaste mouvement social. Le travail de mobilisation sociale qui est au coeur de notre action au NMQ est complémentaire aux partis politiques indépendantistes. Bien sûr, il ne peut et ne doit se substituer à eux. Mais lors des scrutins, il est de notre responsabilité comme mouvement réunissant des indépendantistes de toutes allégeances de soutenir l’ensemble des formations politiques indépendantistes. Car si l’indépendance est impossible sans un mouvement social, elle l’est tout autant sans force capable de s’élever au pouvoir politique. Le 4 septembre, tout en respectant notre diversité d’indépendantistes, en l’état de nos forces actuelles, donnons-nous le pouvoir, donnons-nous le mandat le plus fort qui soit pour réaliser notre rêve de pays.

Pour toutes ces considérations, le Nouveau Mouvement pour le Québec appelle les citoyens à choisir l’indépendance en votant pour le Parti Québécois, sauf dans les circonscriptions de Gouin et de Nicolet-Bécancour où il appelle respectivement à voter pour Québec solidaire et Option nationale. Cet appel vaut pour tous les comtés où l’écart entre le candidat indépendantiste et les autres candidats est de moins de 5% — en faveur ou au détriment du candidat indépendantistes. En somme, nous appelons tous les indépendantistes à appuyer les candidats indépendantistes qui sont les plus susceptibles de l’emporter dans leur comté. Le NMQ appelle ainsi les indépendantistes à un vote stratégique, mais non partisan, qui respecte notre diversité d’indépendantistes en l’état de nos forces actuelles. Un vote qui produirait en quelque sorte dans l’urne le Front Uni tant souhaité.

Nous savons qu’une telle consigne bousculera les esprits partisans et pourra froisser certains  militants qui ont trimé dur depuis plusieurs semaines pour voir leur candidat se faire élire. Nous sommes également conscients que pour les partis politiques, cette consigne pourrait se traduire par un manque à gagner financier, en raison de la perte de financement public dans certains comtés. Mais nous sommes convaincus que le projet de pays est ce qui doit l’emportrer et guider notre action. Et nous sommes persuadés que compte tenu de l’état de division des forces souverainistes et du mode de scrutin, cet appel au vote stratégique non partisan est une manière efficace de conduire à l’élection du plus grand nombre de députés indépendantistes à l’Assemblée nationale le 4 septembre prochain.

Nous savons aussi qu’à une semaine du vote, il y aura toujours des esprits trop partisans pour se rallier à l’idée d’un vote stratégique indépendantiste non-partisan. Mais les sympathisants du NMQ comprendront que c’est peut-être là la meilleure façon de nous sortir de cette désunion qui, dans le présent système électoral, ne nous fait pas avancer en tant qu’indépendantistes. Les sympathisants du NMQ reconnaîtront aussi là une position responsable de notre part. En effet, ne pas appeler au vote aurait été irresponsable. Appeler à voter en bloc pour l’un ou l’autre des partis, tout en faisant comme s’il n’y avait pas de division du vote, aurait été tout aussi irresponsable compte tenu de notre mode de scrutin.

Aux fins de cet appel, nous avons suivi les projections réalisées par Guillaume Vaillancourt du site electionsqc.com. Ses projections, qu’il réalise depuis plusieurs années, se fondent sur la transposition des résultats de 2008; une pondération des quatre derniers sondages utilisés pour chaque ronde de projection, pour éviter de trop grandes variations; une application de cette pondération aux 125 circonscriptions; l’ajout de facteurs locaux; le retour au nombre de votes exprimés par circonscriptions lors de la dernière élection et, enfin, d’autres ajustements techniques. Les détails de la méthodologie sont disponibles à cette adresse: http://electionsqc.com/Methodologie-5 Ce ne sont là que des projections fondées sur des sondages; les vrais résultats, nous ne les connaitrons bien sûr que le 4 septembre. Mais nous pensons que ces projections nous permettent de dresser un portrait général assez clair pour guider notre choix de vote.

Comment se décline donc cette consigne de vote? Nous avons identifié 22 comtés où un tel appel de vote pourrait avoir un effet sur l’issue de cette élection. Dans tous ces comtés, le NMQ appelle donc les indépendantistes à porter leur vote sur le candidat qui, en vertu des sondages et projections, est le plus à même de se faire élire le 4 septembre prochain.

11 comtés actuellement donnés perdants aux indépendantistes par moins de 5% des intentions de vote devraient retenir l’attention de tous les indépendantistes. Parmi ceux-ci, notons les comtés des trois ténors de la CAQ que sont François Legault (L’Assomption), Gaétan Barrette (Terrebonne) et Jacques Duchesneau (Saint-Jérôme), qu’il importe de défaire à tout prix. Dans ces comtés, le NMQ appelle les indépendantistes à appuyer les candidats indépendantistes qui sont le plus susceptibles de l’emporter.

LAPORTE
Selon les projections établies, le candidat péquiste Simon Bélanger tire de l’arrière par 0,36% dans ce comté, alors que Québec solidaire et Option nationale enregistreraient un peu plus de 8% du vote. Un vote stratégique pour ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

ANJOU-LOUIS-RIEL
Selon les projections, la candidate Martine Roux tire de l’arrière par 0,73% des intentions de vote alors que celles de Québec solidaire et Option nationale sont actuellement à un peu plus de 8%. Un vote stratégique pour cette candidate permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

ARGENTEUIL
Dans le comté d’Argenteuil, selon les projections établies, le candidat du Parti Québécois Roland Richer tire de l’arrière par 0,93% sur le candidat libéral. Les intentions de vote combinés de Québec solidaire et Option nationale s’élèvent à un peu plus de 5%. Un vote stratégique pour ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

DRUMMOND-BOIS-FRANCS
Selon les projections établies, la candidate péquiste Annie Jean tire de l’arrière par 2.01% dans ce comté; Québec solidaire et Option nationale sont actuellement à un peu plus que 8%. Un vote stratégique en faveur de cette candidate permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

JEAN-LESAGE
Dans le comté de Jean-Lesage, le candidat du Parti québécois, Pierre Châteauvert, accuse un retard de 2,05% sur le candidat local de la Coalition Avenir Québec. Ensemble, Québec solidaire et Option nationale recueillent presque 12% des intentions de vote. Un vote stratégique pour ce candidat aurait une influence assurée pour l’élection d’un candidat indépendantiste.

HULL
Le candidat péquiste Gilles Aubé tire de l’arrière par seulement 3,24% dans ce comté. Les intentions de vote combinées de Québec solidaire et d’Option nationale sont actuellement à un peu plus que 15%. Un vote stratégique pour ce candidat aurait une influence assurée pour l’élection d’un candidat indépendantiste.

JEAN-TALON
Dans le comté de Jean-Talon, le candidat du Parti québécois, Neko Likongo, accuse un retard de 3,8% sur le candidat local du Parti libéral du Québec. Ensemble, Québec solidaire et Option nationale recueillent presque 9 % des intentions de vote. Un vote stratégique pour ce candidat aurait une influence assurée pour l’élection d’un candidat indépendantiste.

L’ASSOMPTION
Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, mène par seulement 3,9% des intentions sur la candidate péquiste Lizabel Nitoi dans le comté de L’Assomption. Les projections placent QS et ON à un peu plus que 6%. Un vote stratégique en faveur de cette candidate pourrait réduire les chances de François Legault au même niveau que celui-ci souhaite réduire nos ambitions nationales.

PAPINEAU
Dans le comté de Papineau, le candidat péquiste Jean-François Primeau accuse un mince retard de 4,02% sur les intentions de vote sur le candidat libéral. Ensemble, Québec solidaire et Option nationale recueillent un peu plus de 7% des intentions de vote. Un vote stratégique en faveur de ce candidat donnerait aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale afin de nous ouvrir les portes de l’indépendance.

JOHNSON
Selon les projections établies, le candidat péquiste Yves-François Blanchet accuse un retard de 4,22% sur le meneur. Les intentions de vote de Québec solidaire et Option nationale sont, à un peu plus de 7%, très élevées dans ce comté. Le NMQ appuie la candidature d’Yves-François Blanchet dans ce comté.

SAINT-JÉRÔME
La bataille de Saint-Jérôme est également d’un grand intérêt pour les indépendantistes. La CAQ y présente son candidat vedette, Jacques Duchesneau. Les projections lui donnent une avance de 6,07% sur le candidat péquiste Gilles Robert, alors que les intentions combinées de votes pour QS et ON sont à un peu plus de 6%. Un vote stratégique en faveur du candidat péquiste pourrait donc défaire un candidat dont le parti ambitionne de reléguer aux dossiers non-urgents la question nationale.

Le NMQ a également identifié 11 comtés actuellement donnés gagnants aux indépendantistes par moins de 4% des intentions de vote projetées. Le NMQ se réjouit de cette avance donnée à un parti indépendantiste et du fait que le Parti Québécois ait choisi de mettre de l’avant dans son programme l’idée des référendums d’initiative populaire et l’idée d’une assemblée constituante. C’est pourquoi le Nouveau Mouvement pour le Québec appuie les candidats de ce parti dans ces 11 comtés où une victoire des forces indépendantistes est envisageable. Par cet appui, le NMQ espère que le vote indépendantiste stratégique et non partisan permettra de conforter les avances actuelles et assurera l’ouverture du Parti Québécois à d’éventuelles discussions en vue d’un rapprochement des forces indépendantistes.

TERREBONNE
La circonscription de Terrebonne est d’un grand intérêt pour les indépendantistes, puisque c’est là que le candidat vedette de la CAQ, Gaétan Barette tente de se faire élire. Or, le candidat péquiste Mathieu Traversy mène par seulement 0,63% des intentions de vote dans ce comté, alors que QS et ON receuillent au total un peu plus de 6% des intentions de vote. Un vote stratégique en faveur du candidat péquiste ferait assurément mordre la poussière au candidat vedette de la CAQ, Gaétan Barrette.

BONAVENTURE
Selon les projections établies, le candidat péquiste Sylvain Roy est en avance par 0,74% dans ce comté que les Libéraux ont remporté en décembre dernier, lors d’une élection partielle. Au cours de cette élection partielle, le candidat de Québec solidaire avait publiquement appuyé le Parti Québécois. Le NMQ encourage à nouveau une telle pratique. En effet, les intentions de vote de Québec solidaire et Option nationale culminent actuellement à un peu plus de 13%. Un vote stratégique en faveur du candidat péquiste permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

FABRE
Dans ce comté, le candidat péquiste François Gycelain Rocque est donné mène avec une avance de 1,12% dans les intentions de vote contre la présidente et candidate de la CAQ, Dominique Anglade. QS et ON obtiennent quant à eux à presque 7% des intentions de vote. Un vote stratégique pour le candidat péquiste renverrait une affairiste de plus à ses affaires.

MILLE-ÎLES
Selon les projections établies, le candidat péquiste Robert Carrier mène dans les intentions de vote par 1,6% dans ce comté, alors que QS et ON receuillent ensemble un peu plus de 6% des intentions de vote. Un vote stratégique en faveur de ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

BERTHIER
Dans le comté de Berthier, selon les projections établies, le candidat du Parti québécois, André Villeneuve est en avance par seulement 1,71% des intentions de vote. Les projections combinées de QS et ON leur accordent un peu plus de 7% de ces mêmes intentions. Un vote stratégique en faveur de ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

VIMONT
Selon les projections, la candidate péquiste Linda Tousignant mène par 1,8% des intentions de  vote dans ce comté. Les intentions de vote de Québec solidaire et Option nationale sont actuellement à un peu plus de 8%. Un vote stratégique pour cette candidate permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

ORFORD
Dans Orford, selon les projections établies, le candidat du Parti Québécois, Michel Breton, est en avance par seulement 1,85% des intentions de vote. Les projections combinées de QS et ON leur accordent un peu plus de 8% de ces mêmes intentions. Un vote stratégique en faveur de ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

VERDUN
Selon les projections, la candidate péquiste Thierry St-Cyr mène par 2,12% des intentions de  vote dans ce comté. Les intentions de vote de Québec solidaire et Option nationale sont actuellement à plus de 10%. Un vote stratégique en faveur de ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

GROULX
Selon les projections, le président du Parti Québécois, Raymond Archambault, mène par 2.2% des intentions de vote dans ce comté sur le candidat caquiste. Les intentions de vote de Québec solidaire et Option nationale sont actuellement à un peu plus de 6%. Un vote stratégique pour ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

BLAINVILLE
Dans Blainville, selon les projections établies, le candidat du Parti Québécois, Bernard Généreux, est en avance par seulement 2,96% des intentions de vote. Les projections combinées de QS et ON leur accordent un peu plus de 6%% de ces mêmes intentions. Un vote stratégique en faveur de ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

MASKINONGÉ
Dans Maskinongé, selon les projections établies, le candidat du Parti québécois, Patrick Lahaie, est en avance par seulement 3,58% des intentions de vote. Les projections combinées de QS et ON leur accordent un peu plus de 6% de ces mêmes intentions. Un vote stratégique pour ce candidat permettrait de donner aux indépendantistes une voix de plus à l’Assemblée nationale.

Deux circonscriptions méritent une attention toute particulière, notamment parce qu’elles sont l’objet d’une entente entre deux formations politiques indépendantistes.

GOUIN
Bien sûr, évoquer le comté de Gouin dans une communication publique destinée aux indépendantistes, c’est l’équivalant d’entrer dans une usine d’explosifs avec une allumette.

Néanmoins, les dernières projections placent la co porte-parole de Québec solidaire en avance dans la circonscription de Gouin (40.4%), devant le candidat péquiste Nicolas Girard (32.44%). Nous souhaitons saluer l’excellent travail du député sortant de Gouin à l’Assemblée nationale et nous nous désolons qu’il puisse perdre son siège de député. Il a débusqué des scandales, servi l’intérêt public avec honneur et dignité, et représenté fièrement les citoyens de sa circonscription. Toutefois, il faut reconnaître l’excellente performance de Françoise David lors du débat des chefs du 19 août dernier. En dépit des déclarations d’Amir Khadir sur l’organisation d’une assemblée constituante à laquelle « il invite les fédéralistes de gauche » pour « la justice sociale » et l’impression que cela pourrait renvoyer que Québec solidaire souhaite davantage constitutionnaliser le programme de QS avant le statut des Québécois, le NMQ estime qu’en raison de sa position ferme sur l’idée d’indépendance lors de ce débat, Françoise David mérite une place à l’Assemblée nationale. Le fait qu’elle soit cheffe de parti aura également, nous l’espérons, une incidence positive sur l’urgent besoin de travailler au rapprochement des forces vives de l’indépendance au lendemain de l’élection. De plus, sa candidature incarne les forces progressistes dont l’ensemble de notre mouvement a tant besoin. En quelque sorte, cet appui à Françoise David est également un appel de plus à l’unité.

NICOLET-BÉCANCOUR
Les projections dans le comté de Nicolet-Bécancour donnent le chef d’Option nationale gagnant (30.5%) devant le candidat caquiste (27.8%). Le candidat du Parti Québécois Gilles Mayrand recueille 26.62 % des intentions de vote. Jean-Martin Aussant a mené jusqu’ici une très bonne campagne centrée sur l’idée d’indépendance. Les militants de son jeune parti ont démontré une grande pugnacité, se sont montrés efficaces et dédiés et méritent que leur chef soit réélu député. Ils représentent la jeunesse dont notre mouvement a tant besoin pour faire progresser l’idée de pays. Jean-Martin Aussant a démontré, par sa capacité de mobilisation – il a réussi en un temps record à mettre sur pied un parti présentant 121 candidats – qu’il mérite également sa place à l’Assemblée nationale pour faire avancer l’idée de pays. Le fait qu’il soit chef de parti, nous l’espérons, sera également un atout lorsque viendra le temps de travailler à l’unité des forces indépendantistes. Cet appui à Jean-Martin Aussant constitue également un appel à l’unité des forces indépendantistes.

Pour le comté de Mercier, le Nouveau Mouvement pour le Québec n’entend pas se prononcer, comme il ne le fait pas non plus pour les comtés de Beauharnois, Charlevoix-Côte-de-Beaupré et de nombreux autres comtés où les écarts sont trop importants en faveur d’un candidat indépendantiste ou fédéraliste pour qu’un appel au vote stratégique non partisan puisse espérer avoir une quelconque influence sur le résultat du 4 septembre.

Le Nouveau Mouvement pour le Québec transmettra ce message à tous ses sympathisants et sur toutes ses plateformes. Il fera également des démarches afin que cet appel au vote indépendantiste stratégique et non partisan soit entendu par les 12 000 signataires de l’Appel au Front Uni. Le Nouveau Mouvement pour le Québec communiquera également cette information avec les médias de chacune des circonscriptions ciblées par cet appel au vote indépendantiste stratégique et non partisan. Le porte-parole du NMQ, Jocelyn Desjardins, offre également son aide et sa présence aux candidats pouvant bénéficier de cet appel au vote indépendantiste stratégique et non partisan dans les circonscriptions visées.

Enfin, le NMQ souhaite assurer le directeur général des élections du Québec qu’il n’entend faire aucune dépense électorale par suite de cet appel au vote indépendantiste stratégique et non partisan.

Dans un contexte où l’on sait qu’en excluant l’élection générale de 1981, le Parti Québécois n’a jamais obtenu de majorité écrasante et que, par conséquent, les indépendantistes ont impérieusement besoin de travailler ensemble pour faire avancer l’idée de pays, l’élection prochaine sera cruciale. Or, nous devons apprendre à vivre dans notre diversité d’indépendantistes, ce que nous nous refusons encore.

Le Québec doit passer de la critique à la construction, du mécontentement à l’espoir, de la résistance à l’indépendance. La division des souverainistes est funeste. La défaite n’est jamais un nid confortable.

L’indépendance du Québec est une nécessité pour notre nation. Cela ne fait pas de doute. Dans le Canada actuel qui s’éloigne de plus en plus du Québec, qui s’est au fil du temps construit un idéal national bien à lui et dont le centre de gravité politique et économique se déplace de plus en plus vers l’Ouest, il est évident que notre avenir en tant que nation se trouve à l’extérieur de ce pays.

Aujourd’hui, nous sommes persuadés que l’indépendance est à portée de main, si on s’en donne la peine. Et nous savons, sans partisanerie aucune, que si le pouvoir politique est la clé qui peut ouvrir cette porte vers le pays, ce n’est que dans la mesure où, porté par un mouvement social mobilisé, que les Québécois pourront franchir cette porte. Aujourd’hui, peut-être, avons-nous déjà besoin de ce mouvement social pour entrouvrir la porte. Sinon demain, peut-être, l’idée de pays risque de rester une simple idée. Et le pays, un simple rêve. Évidemment que le projet de pays ne pourra aboutir que lorsque les forces indépendantistes accéderont au pouvoir à Québec. L’indépendance est un projet politique et c’est le politique qui nous aidera, nous, citoyens, à nous donner les outils pour qu’on s’y conduise.

Nous sommes entrés, certes, dans cette campagne désunis. Mais à  l’heure des choix, c’est dans notre diversité d’indépendantistes et en agissant déjà dans les urnes en prélude à la nécessaire unité des indépendantistes que nous réussirons à vaincre, ensemble, le 4 septembre prochain, les forces de la dépendance, du statu quo et du recul durable.

Lettre à un ami « démissionniste »

Nous nous connaissons depuis l’université, bien avant la politique. J’avais l’ambition de devenir écrivain, j’ai choisi d’être journaliste. Tu te voyais député ou ministre. Tu es devenu économiste puis politicien… professionnel.

Plus jeune, nous avons partagé un rêve extraordinaire, celui de faire lever un pays. Ce n’est pas rien, vouloir faire exister une voix nouvelle et participer véritablement aux affaires du monde. Et insuffler à ce monde-là une partie de l’énergie qui nous caractérise, nous, les Québécois. Ça porte avenir et espoir. Et ça rapporte bien plus qu’une «économie de propriétaires» dans un pays où on ne s’appartient pas.

J’écris, «nous avons partagé», car depuis lundi, ce n’est plus le cas. Tu es devenu caquiste. Subitement. Sans trop avertir même «tes amis». Presque comme un voleur.

Et c’est ça qui surprend le plus, François. Toi dont je connais les valeurs. Ce n’est pas ton geste qui choque. Ce sont les mensonges que tu as répétés depuis le mois de mai à tes amis. Passe encore que tu mentes à Pauline Marois, passe encore que tu utilises un discours sur «tes valeurs» pour mentir, mais mentir à ses amis, c’est un peu se mentir à soi.

En mai, tu as réuni une dizaine d’amis pour réfléchir à ton avenir politique. J’étais du nombre. Je te vois encore annoncer à tous que tu n’irais jamais à la CAQ, que tu es «un homme de valeur», et que «les valeurs, c’est important en politique, c’est important dans la vie et pour moi». Finalement, c’était vraiment des bobards que tu nous racontais.

Ce discours sur les valeurs, tu l’as joué et rejoué tout l’automne à chaque fois qu’on te parlait de cette promesse. Tu as vraiment eu de belles valeurs en 2011, mon vieux. Tu étais beau à voir avec ta belle superbe. «Faites-nous confiance», écrivais-tu sous une forme de remontrances publiques à Jacques Parizeau, lui qui nous a presque mené aux portes du pays en 1995. Quel gâchis, vraiment.

De vieux souvenirs de notre longue amitié remontent maintenant à la surface pour mieux m’expliquer ce geste pour lequel tu as menti.

Comme ce jour où les enfants jouaient dans la cour d’un ami commun, à L’Assomption. En groupe, on discutait de l’avenir du Québec. On se demandait s’il fallait continuer de chercher à bâtir de nouvelles fondations ou se concentrer sur les murs lézardés de la maison québécoise? Indépendance versus réformes, telle était la question… ou encore les deux à la fois. Tu avais choisi alors les murs lézardés. Premier indice.

Me sont revenus aussi à l’esprit les nombreuses fois où tu tournais en bourrique les militants du Parti québécois qui parlaient le plus de faire un pays. «Ce sont des religieux, des dévots avec leur drapeaux et leurs macarons», disais-tu à l’occasion (je paraphrase). Encore lundi soir, quand nous avons eu une discussion orageuse après ton annonce publique, tu as de nouveau utilisé cette expression. Ces militants indépendantistes, qu’il soient au PQ ou ailleurs, lorsqu’ils se regardent dans la glace le matin, eux, leur conviction ne ment pas.

Une autre fois, tu m’as présenté Martin Koskinen, l’homme de main de François Legault. Sous un air de chic type se cache un autre briseur de rêves. Tu l’avais connu à Force Jeunesse. À l’époque où tu me l’as présenté, il travaillait pour François Legault, alors ministre. Je me souviens qu’il nous avait confié en groupe ne pas être indépendantiste mais plutôt fédéraliste et que son ministre le savait très bien. Ça m’a donné froid dans le dos de savoir qu’un ministre d’un gouvernement souverainiste embauchait du personnel qui se vante d’être fédéraliste. À partir de ce moment, je n’ai jamais arrêté de douter du cheval sur lequel tu avais mis toutes tes billes politiques. Quelle mauvaise monture que ce François Legault, me disais-je.

D’autant plus qu’au cours d’un de nos cercles de discussions, un participant qui le connaissait bien avait rapporté l’anecdote que François Legault, quand il était ministre de l’Éducation, se sentait intimidé par les «pédagogistes» du ministère au moment de préparer la réforme que l’on sait et leur laissait donc l’initiative en conséquence. Ça ne correspondait pas du tout à la vision que je me faisais d’un homme d’État ou d’un véritable réformateur. Et je t’en ai averti avec un ami. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je pourrais te citer presque les lieux et les dates de ces avertissements. On t’a répété à plusieurs reprises : «Legault est un mauvais cheval. Ne lui faites pas confiance. Il va vous abandonner ou vous perdre».

Si bien que, lorsque François Legault a évoqué des «motifs personnels», en 2005, pour ne pas prendre la suite de Bernard Landry, j’ai ri. J’ai trouvé ton roi un peu nu, un peu tristounet. C’est qu’il avait réuni toute une cour de soupirants politiques et d’ambitieux de tous ordres sans être tout à fait sûr de ses motifs personnels. Il avait une bonne poignée d’organisateurs, qui lui ont donné du temps, beaucoup de temps et ont mis leurs réseaux en action. Il a engagé des jeunes gens dans des voies dont il serait le premier à se sortir.

Or, en politique, on reste fidèle à ses principes et à ses militants. On ne les abandonne jamais. Seuls eux ont droit de nous abandonner. Legault, après avoir réuni tout ce monde, les a tous abandonnés avec leurs mietttes d’ambitions et d’espoirs. Comme un voleur.

Ce Legault t’a fait écraser beaucoup d’orteils, mon ami François, pour que tu parviennes à le hisser. Tu l’as fait avec zèle, ne lésinant pas sur les méthodes musclées. Beaucoup de gens t’ont détesté pour cela et te détestent encore aujourd’hui. Ce que j’en entendais des ragots à ton sujet. Tu faisais semblant de t’en balancer. Je me rappelle, tu disais souvent : «Je travaille avec le
prochain chef du parti et le prochain premier ministre, alors…» Politiquement, tu as payé très cher le prix de l’abandon de Legault et, moi, je lui en veux encore d’avoir fait ça à un ami. Tu es entré dans une période d’ostracisme. Tu as mis des années à t’en remettre politiquement. Peut-être n’en est-tu pas remis encore? Peut-être que oui. Qui sait? Sans doute que ta décision est une suite logique de cet abandon originel.

Ce que je sais est que tu viens de nouveau de te jeter dans la gueule du loup. Que tu travailles désormais non seulement avec Martin Koskinen, mais Gérard Deltell (ce monarchiste militariste) et peut-être demain avec Marlene Jennings, dont l’historique législatif à Ottawa est loin d’avoir aidé aux intérêts supérieurs du Québec.

Bien sûr, aujourd’hui, tu fanfaronnes. Tu dis qu’on t’a permis de garder l’étiquette de «souverainiste». Pour être souverain, ça oui, tu l’es. Souverainement perdu sur le plan politique. Quel gâchis, ce que tu viens de faire. Quelle tristesse de voir un enfant du pays, un enfant de la loi 101 de surcroît, devenir un apôtre du statu quo et du recul durable pour le Québec.

D’autant plus que comme député indépendantiste, tu avais la responsabilité de porter le projet. Comme député, tu es partiellement responsable des difficultés du PQ. Ces difficultés, ce sont aussi les tiennes. Et, aujourd’hui, en contribuant à couler le bateau plutôt qu’à le réparer, cela constitue une trahison de plus.

François, le danger qui guette tout homme politique est de perdre ses rêves. De céder aux caprices du pouvoir et de s’éloigner des idéaux qui l’ont mené au service public. Parce que la politique, c’est aussi une part d’utopie.

En abandonnant ses idéaux, l’homme politique transmet une perte de sens. Comme un père indigne qui persuade sa fille qu’elle n’a pas les moyens ou les facultés de devenir astronaute, médecin ou ingénieure. En effet, lorsqu’on échoue à ses propres rêves, les rêves des autres n’ont plus de sens.

Quand François Legault, auteur des Finances d’un Québec souverain, est entré en politique il y a 13 ans, c’était «pour faire des changements et non pour “gérer la continuité”» (voir Radio-Canada). Ce n’était certes pas pour devenir l’intendant d’un demi-État, ni faire des réformettes et des bouts de chemin à moitié ou espérer construire sans jamais avoir les véritables moyens de le faire ni d’en finir.

Au fond, le véritable changement que propose Legault, c’est l’abdication et l’abandon maquillés en statu quo. C’est ce qu’il y a derrière son discours sur la mort du souverainisme et du fédéralisme, voire la mort du politique. Il présente cela comme une fatalité. C’est commode pour promouvoir notre seule intendance administrative comme un changement, tel un appât. La seule fatalité qui nous guette est de se détourner de nous-mêmes, de perdre notre idéal de liberté, notre sens des responsabilités envers nous-mêmes, notre courage et notre grandeur ainsi que notre fidélité à nos rêves.

Tu présentes François Legault comme un nationaliste. Mais il n’est ni nationaliste ni autonomiste. Il est démissionniste. Après t’avoir abandonné en 2005, il nous abandonne tous pour quelques arpents de pouvoir passagers. Et toi, toi mon ami, tu y participes de plein gré.

La CAQ dit vouloir « solidifier les fondements de notre société ». Mais son programme n’a rien d’original : améliorer les soins de première ligne en santé (une promesse mille fois entendue), améliorer la formation des profs (sans véritablement agir sur les milieux), rehausser le financement des universités (mais selon leur performance), créer de la richesse et rembourser la dette publique avec les redevances sur les ressources naturelles (sans dire un mot sur le montant de ces redevances), soutenir la vie culturelle et la langue française (en laissant de coté les interventions fédérales dont celles de la Cour Suprême), etc. En bref, en plus de ne pas être original, c’est le vide idéologique total. Il n’y a chez Legault aucun projet de société, comme du temps de la véritable coalition péquiste. Non, le seul projet, c’est un projet de carrière pour ceux qui entrent à la CAQ. Et le prix d’entrée dans cette Coalition, c’est l’abandon de ses convictions. Il n’y a pas non plus chez Legault de vision de l’histoire, des valeurs et de l’avenir du Québec. Ce n’est qu’un programme politique « bouche-trous » qui consiste à s’attaquer aux problèmes de l’heure, les plus criants, les plus visibles. À preuve, il n’y a pas encore un seul mot sur l’environnement, qui est pourtant LE problème politique numéro un à long terme.

L’homme que tu admires est unidimensionnel. Il ne travaille que sur des enjeux administratifs et économiques. Il évacue tout le politique, l’historique, le philosophique, le culturel, le sociologique et le constitutionnel. Il laisse de côté toute nécessité de reconnaissance, de protection. Il parle de développement économique, mais il ignore les principes d’émancipation, d’égalité, de solidarité. En somme, ce n’est que de la compétitivité et du développement. Et encore, du bout des lèvres, il évoque la nécessité de décentralisation. Aucunement, il n’oppose à l’illégitimité canadienne la légitimité québécoise. Seul compte pour lui les solutions managériales devant les solutions politiques. C’est là où réside son véritable leurre. En effet, comment solidifier les fondements d’une société si on n’ose pas aborder de front justement les aspects fondamentaux de cette société-là?

Ton geste est d’autant plus choquant que tu choisis l’attentisme à l’action profonde. Tu choisis une formation qui propose 10 à 15 ans de statu quo avec le Canada, alors que ça fait 16 ans qu’on en vit un justement. C’est long 15 ans. Pense seulement à ce qui s’est passé de 1976 à 1990 pour une comparaison et ça te donnera une idée du vide abyssal dans lequel tu cherches maintenant à nous plonger.

J’ai une question pour toi : à quelle sorte de destin politique serait voué un peuple dont le seul projet collectif ne tient plus qu’à des questions d’intendance? Car mettre en veilleuse ces questions ne peut être sans avoir d’effet sur le destin politique de ce peuple. La subordination, la soumission ou la minorisation est ce qui attend tout peuple qui perd de vue, ne serait-ce que le temps d’un mandat, son destin national. La question nationale, si elle n’a rien d’urgent à vos yeux, n’en demeure pas moins importante. Et toutes solutions aux questions d’intendance ne trouveront leurs solutions qu’en elle. Ce qui se cache derrière les « vraies affaires », c’est une abdication face à notre destin.

La question se pose : qui a intérêt à voir le Québec écoper avec l’émergence de la CAQ, sinon ce Canada qui en a soupé des revendications du Québec? Ce qu’il faut mettre sur la glace, ce n’est pas la souveraineté, cher ami, mais le statu quo dans lequel on baigne depuis 17 ans et dans lequel vous voulez nous plonger pour encore quinze ans. Car ce statu quo, c’est le vrai problème des 40 dernières années.

Mon cher ami, je peux pardonner aux électeurs de voguer vers la CAQ parce qu’ultimement, c’est de notre faute s’ils le font. Mais je ne peux pardonner à un acteur que j’estime de premier plan, un ami de surcroît, de se détourner de cette conviction profonde et extraordinaire que représente l’idée puissante de faire un pays.

L’avenir constitutionnel du Québec, ce n’est pas une simple ligne de parti. Ce n’est pas une simple division partisane entre des partis qui défendent une autonomie du Québec au sein du Canada ou d’autres son indépendance. C’est de l’existence même de la nation, de sa projection dans le temps dont il s’agit.

Se soustraire de la question nationale, ce n’est pas une façon de la régler. On ne peut pas prétendre au «on verra» dans dix ans. Dans dix ans, alors que le Canada se construit sans nous, c’est le Québec qui poursuivra la lente déconstruction que Jean Charest a amorcée. Ce à quoi nous appelle François Legault n’est pas à une révolution, mais à une «Dévolution tranquille».

Et, toi, toi mon ami François, celui que j’aimais tant, c’est ce à quoi tu participes désormais.